« How US nuclear force modernization is undermining strategic stability: The burst-height compensating super-fuze »

Hans Kristensen, Matthew McKinzie, Theodore Postol, bulletin n°41, mars 2017

Dans cette analyse publiée dans le Bulletin of the Atomic Scientists, Hans Kristensen, Matthew McKinzie et Theodore Postol déplorent le programme de modernisation des forces nucléaires américaines qui selon eux va multiplier par trois les capacités de destruction de l’arsenal et n’est adapté qu’à une stratégie de frappe en premier et de guerre nucléaireHans Kristensen, Matthew McKinzie et Theodore Postol, « How US nuclear force modernization is undermining strategic stability: The burst-height compensating super-fuze », The Bulletin of the Atomic Scientist, 1er mars 2017..

Ils dénoncent en particulier l’ajout, lors du programme d’extension de la durée de vie, d’un nouveau détonateur sur les têtes W76-1/Mk4A, utilisées par les SLBM. Cette transformation passée inaperçue est, selon eux, révolutionnaire car elle permet d’assurer que la détonation se fasse au plus près de la cible, ce qui permet un meilleur ratio de succès dans le ciblage des sites endurcis (notamment les silos d’ICBM russes) sans revoir la précision du missile ou de la tête. Cela est permis par un système qui permet d’ajuster la détonation selon l’altitude de la tête.

Les auteurs craignent que cette évolution ne conduise la Russie à mettre en place de nouvelles contre-mesures pour se prémunir d’une frappe préemptive, comme par exemple élever le niveau d’alerte des forces ou dépendre dangereusement davantage des systèmes d’alerte avancée. Ils expliquent que la livraison des nouvelles têtes étend largement les capacités américaines en matière de guerre nucléaire, car elle permet à l’Armée de redéployer ses têtes les plus puissantes, les W88/MK5 vers les missions les plus complexes (cibles profondément enfouies) en consacrant les W76-1/Mk4A à des cibles telles que les silos. En effet, seule la moitié de ces têtes déployées sur les SNLE permettraient d’annihiler l’ensemble des silos russes, sans compter les têtes en réserve.

Ainsi, les auteurs montrent qu’avec le reste de l’arsenal (79% restant opérationnel), les États-Unis pourraient détruire les forces terrestres russes et les centres de commandement, alors que des progrès dans les systèmes antimissiles pourraient donner l’impression que le pays cherche à se protéger des représailles lancées depuis la flotte de SNLE russe, accréditant la thèse en vogue à Moscou de la recherche par Washington d’une domination totale en matière nucléaire.

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