The Perils of Conventional Deterrence by Punishment

Michael Petersen, « The Perils of Conventional Deter-rence by Punishment », War on the Rocks, 11 novembre 2016, bulletin n°40, février 2017

Cet articleMichael Petersen, « The Perils of Conventional Deterrence by Punishment », War on the Rocks, 11 novembre 2016. cherche à étudier la pertinence des stratégies de dissuasion conventionnelle vis-à-vis de la Russie et de la Chine dans un contexte de conflit armé et non simplement de manière théorique. Pour l’auteur, cette question fonde la crédibilité de la dissuasion conventionnelle, qui peut être par représailles ou par interdiction.

Son analyse s’appuie sur une constatation. Pendant la guerre froide, des stratégies existaient qui permettaient par exemple à l’OTAN de frapper en représailles les pays du Pacte de Varsovie sans s’attaquer au territoire de l’URSS. Ces stratégies ont évidemment disparu ce qui rend tout projet de dissuasion par représailles risqué et peu fiable au niveau opérationnel.

Pour Michael Petersen, une telle doctrine manque avant tout de crédibilité puisque la Chine, par exemple, serait peu encline à croire que les Etats-Unis l’attaqueraient sur son territoire si elle s’en prenait aux Iles Senkaku. Il estime que les déclarations du Président Trump sapent encore davantage la crédibilité d’une telle doctrine. Mais au-delà de cette question, il doute que de telles représailles ne dissuadent la Chine ou la Russie. En effet, l’asymétrie des enjeux pourrait conduire ces deux pays à prendre le risque de perdre des atouts militaires importants pour défendre ce qu’elles considèrent comme des intérêts vitaux.

Les chances de succès d’une telle opération lui paraissent également limitées. Les zones ciblées seraient nécessairement très défendues, et il est difficile d’établir ce qui serait considéré comme des représailles suffisantes en termes de destructions réelles. Par ailleurs, l’auteur doute que Washington dispose in fine des capacités suffisantes pour convaincre ses adversaires de renoncer à leur agression militaire initiale. Mais c’est également le risque d’escalade nucléaire qui persuade Michael Petersen de l’inadaptation de cette stratégie. En effet pour lui, si Moscou ou Pékin subissait des dommages majeurs de leurs infrastructures de défense et de sécurité, il existe un risque élevé que leurs dirigeants optent pour une riposte militaire, ne serait-ce que limitée, qui mettrait Washington dans la position de devoir ré-intensifier le conflit.

Au vu de cette analyse, l’auteur suggère de concentrer les efforts de dissuasion conventionnelle sur l’interdiction. Pour ce faire, il faut faire en sorte que ni l’un ni l’autre ne puisse profiter d’une agression militaire en renforçant les moyens d’interdiction d’accès (A2/AD).

Pour le théâtre européen, l’auteur se félicite de l’European Reassurance Initiative mais estime que ce n’est pas suffisant et que ce ne sont notamment pas les forces terrestres qui pourront renforcer les systèmes anti-accès. Il faut donc également insister sur les capacités aériennes et la constitution de troupes de renforts pouvant être rapidement envoyées sur la zone de crise. Des exercices conjoints et des déploiements avancés de capacités aériennes et navales sont nécessaires à ce titre. De même en Asie, les capacités aériennes, de surfaces et sous-marines devraient être renforcées pour pouvoir contenir la Chine jusqu’à la résolution diplomatique d’une crise.

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