Résistance et Dissuasion - des origines du programme nucléaire français à nos jours

Colloque

Résistance et Dissuasion - des origines du programme nucléaire français à nos jours

Colloque
05 octobre 2017

Bibliothèque nationale de France, Paris


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La Fondation pour la recherche stratégique, avec le soutien du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, vous invite au colloque Résistance et Dissuasion, Des origines du programme nucléaire français à nos jours, qui se tiendra le jeudi 5 octobre 2017 à la Bibliothèque nationale de France (grand auditorium du site François Mitterrand).

Ce colloque est organisé en partenariat avec la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation de la France Libre, le Musée Curie, le Service historique de la défense, les Archives diplomatiques, l’École Normale Supérieure ENS-Ulm (Centre interdisciplinaire d'études sur le nucléaire et la stratégie) et la revue « L’Histoire ».

Une exposition sur la thématique du colloque aura lieu tout au long de la journée dans la salle adjacente au grand auditorium.

Le nombre de places étant limité, l’inscription est obligatoire.

Présentation

Il peut paraître surprenant d’accoler les deux termes « Résistance » et « Dissuasion » à une époque - la Deuxième Guerre mondiale - où la dissuasion nucléaire française n’existait pas encore. Toutefois, les racines de celle-ci remontent bien à ce conflit, comme en témoignent le caractère pionnier des travaux scientifiques de Frédéric Joliot et de son équipe au Collège de France, ainsi que le rôle clé exercé par les atomiciens de la France Libre tout au long de la guerre. Pour la Résistance française, le nucléaire fut un enjeu majeur de souveraineté et un moyen pour la France de se reconstruire une fois libérée ; cela explique la ferme volonté du général de Gaulle de créer le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dès octobre 1945, deux mois seulement après les explosions d’Hiroshima et de Nagasaki.

Le colloque « Résistance et Dissuasion », qui aura lieu le jeudi 5 octobre 2017 à la Bibliothèque nationale de France (BNF), s’attachera à explorer plus avant ce rôle clé. Il est organisé par la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) avec le soutien du CEA, en partenariat avec la Fondation Charles de Gaulle, la Fondation de la France Libre, le Musée Curie, le Service historique de la défense (SHD), les Archives diplomatiques, l’École Normale Supérieure ENS-Ulm (Centre interdisciplinaire d’études sur le nucléaire et la stratégie) et la revue « L’Histoire ».

Ce colloque s’intéressera notamment à la première bataille de l’eau lourde (février/mars 1940), qui opposa dans le plus grand secret la France (mission Jacques Allier) à l’Allemagne nazie. Cet épisode trouva son dénouement avec l’envoi à Londres de deux membres de l’équipe Joliot (Hans Halban et Lew Kowarski), à la suite d’une décision gouvernementale en date du 16 juin 1940, juste avant l’arrivée au pouvoir du maréchal Pétain. Trois autres résistants français spécialistes du nucléaire (Pierre Auger, Bertrand Goldschmidt et Jules Guéron) vinrent renforcer la coopération dans ce domaine avec les Alliés - en Grande-Bretagne, puis au Canada - avec le soutien déterminé du coordinateur scientifique de la France Libre (Louis Rapkine).

Autant dire que la Résistance a marqué les débuts du CEA, tant dans son esprit que dans son fonctionnement. C’est ainsi que les deux premiers administrateurs généraux du Commissariat, Raoul Dautry et Pierre Guillaumat, se sont illustrés par leur volonté de restaurer la place de la France dans le monde. Ils furent rejoints par d’autres anciens résistants, tous ayant en commun la pratique du secret et de la clandestinité - éléments qui furent déterminants dans le lancement du programme nucléaire militaire français à la fin de l’année 1954.

En tant que fondateur et premier Président de la Cinquième République, le général de Gaulle officialisa le programme lancé sous la Quatrième République. Pour le chef de la France Libre, la dissuasion nucléaire devint un élément fondamental de la souveraineté nationale, un moyen essentiel de préserver les intérêts vitaux de la France, mais aussi de peser plus lourdement dans les relations diplomatiques. Il était indispensable pour lui que la France se défende par elle-même, pour elle-même et à sa façon (ce qui n’empêcha pas que sa stratégie soit conjuguée avec celle d’autres pays), la base de sa force de frappe ne pouvant être que nucléaire.

Aujourd’hui encore, la dissuasion nucléaire demeure la garantie ultime de la sécurité, de la protection et de l’indépendance de la Nation. Cette continuité, la France la doit en grande partie à la perpétuation de cet esprit de Résistance, à cet esprit de Défense, qui s’exprime prioritairement - mais pas seulement - à travers la dissuasion nucléaire et ceux qui la servent au quotidien. Remettre en perspective cette évolution historique est essentiel à la compréhension des enjeux et des moyens qui sont consacrés à la dissuasion nucléaire. C’est l’objectif du colloque organisé à la BNF, qui sera complété par une exposition.

Programme provisoire

8h45
Accueil-café
9h00-9h20
Ouverture du colloque
Bruno Racine, président de la FRS et ancien président de la BNF
9h20-10h50
Le nucléaire, un enjeu stratégique pour la France au cours de la Deuxième Guerre mondiale
Dominique Mongin, enseignant-chercheur à l’INALCO et à l’ENS-Ulm
Robert Belot, professeur à l’Université de technologie Belfort-Montbéliard
Diane Dosso, contractuelle au Centre d'archives en philosophie, histoire et édition des sciences à l'ENS-Ulm
Renaud Huynh, directeur du Musée Curie
10h50-11h00
Extrait du film « La bataille de l’eau lourde »
11h00-11h30
Pause-café
11h30-13h00
L’esprit de Résistance et les débuts du CEA
Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut et professeur émérite à la Sorbonne
Patrick Boureille, enseignant-chercheur au Service historique de la défense
Jean Guisnel, journaliste
13h00-14h00
Déjeuner-buffet
14h00-15h30
Le général de Gaulle et la souveraineté nucléaire
Maurice Vaïsse, président de la Commission de publication des documents diplomatiques français et professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris
Frédéric Gloriant, enseignant-chercheur à l’ENS-Ulm
Jacques Godfrain, ancien ministre et président de la Fondation Charles de Gaulle
Jean-Dominique Merchet, journaliste
15h30-16h00
Pause-café
16h00-17h30
Indépendance nationale et dissuasion nucléaire, d’hier à aujourd’hui
Bruno Tertrais, directeur-adjoint de la FRS
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, membre honoraire du Parlement et président de la Fondation Res Publica
Amiral de Coriolis, ancien commandant de la FOST
17h30-18h00
Clôture du colloque