Futur intercepteur endo-atmosphérique : quelles menaces et quelles technologies ?

Recherches & Documents n°05/2019
Stéphane Delory , mai 2019

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Introduction

La défense antimissile connaît actuellement des évolutions fondamentales. Longtemps orientée vers l’interception de menaces en provenance des États proliférants, elle s’est avant tout focalisée sur le développement d’intercepteurs exo-atmosphériques devant permettre l’engagement de systèmes longue portée (MRBM, IRBM). Le choix d’une logique d’interception exo-atmosphérique visait également à limiter les conséquences de la destruction d’engins potentiellement associés à des armes de destruction massive, en traitant les cibles à des altitudes et à des portées élevées.

La complexité et le coût de développement des technologies d’interception exo-atmosphérique ont confiné leur développement aux États-Unis, les États européens préférant se concentrer sur le développement et l’acquisition de systèmes d’interception terminaux bas endo-atmosphériques de défense de point ou de zone. Bien qu’un savoir technique et industriel certain existe en Europe, et notamment en France ou en Allemagne, les pays européens tardent cependant à développer une capacité d’interception couvrant l’ensemble du spectre endo-atmosphérique et à capitaliser sur le savoir-faire existant.

Or, cet investissement est essentiel, aujourd’hui davantage qu’hier. En effet, depuis une vingtaine d’années, la maturation des technologies de guidage et de pilotage, l’évolution des technologies de propulsion et la transformation des architectures ISRIntelligence, Surveillance, Reconnaissance, moyens destinés à l’identification et à l’engagement des cibles autour de plates-formes et de capteurs plus légers et performants ont conduit à une mutation de la menace, plus particulièrement sur les portées courtes et moyennes (300 à 2 500 km), qui deviennent progressivement les portées opératives de la plupart des théâtres d’opération. Sur ces distances, les systèmes balistiques de frappe dans la profondeur tendent désormais systématiquement à exploiter la manœuvrabilité, situant dorénavant la menace plus spécifiquement dans le champ endo-atmosphérique, mais dans une dimension différente de celle expérimentée jusqu’à nos jours. En effet, l’accroissement très notable de la vélocité et de la manœuvrabilité des systèmes actuellement en développement ne permet plus de traiter la menace par la seule modernisation des capteurs et des architectures ainsi que par la valorisation d’effecteurs existants, mais impose de concevoir de nouvelles familles d’effecteurs, exploitant des technologies innovantes, au niveau des propulsions mais aussi des capteurs terminaux, des matériaux, des algorithmes ou encore de l’intelligence artificielle.

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